Sélectionner une page

Developper l’équilibre latéral

1. PLAN : Observer et comprendre

A noter qu’il est difficile d’améliorer l’équilibre latéral sans avoir un minimum d’equilibre longitudinal (entre avant main et arrière main).

Observable principal

Le déséquilibre latéral est visible par une différence de durée de phase au sol entre les membres gauche et droit.

Cette différence peut concerner :

  • un antérieur
  • un postérieur
  • ou les deux

Les causes peuvent être nombreuses : facteurs neurologiques / latéralité naturelle insuffisamment développée / compensation suite à une gêne ou une douleur / habitudes locomotrices / déséquilibres posturaux / restrictions de mobilité


Ce qui se passe mécaniquement :

Plus un membre reste longtemps au sol, plus la cage thoracique ou le bassin vont pivoter autour de lui.

Cette rotation augmente le travail des structures situées du côté opposé, qui doivent empêcher le corps de “tomber” davantage.

Avec le temps, cette asymétrie va augmenter.


Ce que ressent le cavalier (notion de contact – dialogue/communication entre le corps du cheval et celui du cavalier)

Le cavalier perçoit souvent :

  • une rêne avec plus de tension que l’autre
  • une différence de pression entre les deux ischions.
  • un étrier plus chargé que l’autre
  • un genou plus avancé (si vous avez des taquets sur la selle, c’est facile a voir)
  • une cuisse plus en contact que l’autre
  • une sensation de glisser d’un côté, de devoir pencher le haut du corps

Vu de derrière, on observe au pas entre la foulée droite et gauche :

  • un mouvement asymétrique des étriers
  • une hanche qui descend davantage
  • une selle qui se décale
  • un cavalier qui penche le haut de son corps

Voila le souci avec ”trop” de latéralité, la selle glisse sur un coté. Elle se raccroche au garrot de l’autre coté ou elle tourne. Cette surpression va encore plus gêner le cheval et la selle va encore plus tourner, ca peut partir en un cercle vicieux.
A noter qu’avec les chevaux hyperlaxes, toute asymétrie les gêne et ils vont a chaque fois fuir cette surpression, donc on peut avoir un cheval qui fait tourner la selle dans tous les sens. Il n’y a qu’avec un travail de plus de stabilisation qu’on arrive a les stabiliser.


COMPRENDRE LA CAUSE

L’équilibre latéral est avant tout un SENS, une compétence neurologique.

Il ne dépend pas directement de la masse musculaire.

Un cheval peut :

  • être très musclé et avoir un mauvais équilibre
  • être peu musclé et posséder un excellent équilibre

Le système nerveux apprend à considérer certaines postures comme normales.

Plus une asymétrie est répétée, plus elle devient la référence du cerveau.

C’est exactement le même phénomène que chez un humain droitier :
plus il utilise sa main droite, plus elle devient habile.

L’objectif du travail n’est donc pas seulement de renforcer le corps mais de redonner au système nerveux une meilleure référence de l’équilibre.

Important

Un déséquilibre latéral n’est pas toujours un problème d’apprentissage ou de posture.

Lorsque les observables sont nombreux, importants ou apparaissent soudainement, une cause douloureuse doit toujours être envisagée.

En cas de doute, demandez l’avis de votre vétérinaire.

Vous pouvez également me transmettre une vidéo afin d’objectiver les observables présents et déterminer si une investigation complémentaire est pertinente.


2. DO/FAIRE : Stimuler le système nerveux

À l’arrêt

Objectif :

stimuler alternativement les principaux capteurs de l’équilibre :
C’est une clé essentielle, c’est l’alternance rapprochée!

  • yeux
  • oreille interne (système vestibulaire)
  • récepteurs de pression des quatre pieds

Exemples :

  • flexions d’encolure gauche / droite
  • déplacements du poids d’un antérieur sur l’autre
  • déplacements du poids d’un postérieur sur l’autre
  • travail sur mousses ou surfaces instables
  • exercices d’Equine Hanna Somatics

Important :

Le but n’est pas de rechercher l’amplitude maximale. On commence petit et on va aller chercher plus loin si le cheval reste detendu (et nous aussi! important ca!)

Le but est d’améliorer/augmenter la qualité de perception du corps dans l’espace.

Quelques exemples en video
Sur pad mousse : https://www.youtube.com/shorts/RCwCHhEaOeA
En main sur barres au sol https://www.facebook.com/reel/1367156035260481

En mouvement

Travail progressif :

  1. Zigzags ”therapeutiques”
  2. D’abord a pied, puis sur barres au sol, puis monté au pas en ligne droite, puis en zizag sur la volte, puis au trot en ligne droite, plus sur la volte au trot.
  3. Serpentines
  4. Huit de chiffre
  5. Trèfles
    etc


A noter que le developpement neuronal prend du temps a se developper, je dis toujours que cêst similaire a developper la capacité d’ecrire de la main gauche si on est droitier. Donc soyez progressif et surtout ne depassez jamais les signes de resistances qui remettent le cheval dans la zone stress qui verouillera le physique et le mental. C’est une nuance essentielle a comprendre pour toute la vie du cheval d’ailleurs.


3. CHECK/OBSERVER : Vérifier les réponses du cheval

Les signes recherchés :

  • contact plus symétrique dans les rênes
  • assiette plus équilibrée
  • trajectoires plus faciles
  • rythme plus régulier
  • diminution des compensations

Les signes d’alerte :

  • accélération
  • ralentissement
  • tête qui vrille
  • tête qui monte ou descend brusquement
  • perte de trajectoire
  • augmentation des tensions

Ces réactions indiquent souvent que l’exercice dépasse momentanément les capacités du système nerveux.

La listes des signes d’inconfort selon Sue Dyson : L’éthogramme de la douleur selon Sue Dyson revisité sous l’angle des observables des déséquilibres | EQUIMETRIC

4. ACT : Adapter et progresser

Lorsque des signes de tension apparaissent :

  1. revenir immédiatement sur l’exercice facile
  2. redonner de la confiance
  3. retrouver la décontraction
  4. représenter progressivement la difficulté

Le but n’est jamais de forcer.

Le but est d’agrandir progressivement la zone dans laquelle le cheval peut rester :

  • calme
  • coordonné
  • équilibré
  • disponible mentalement

Plus le cheval comprend qu’il peut réussir sans contrainte, plus il développe sa capacité à gérer les transferts d’équilibre.

Ce que ca donne en video :



Le level 100 de ce travail est celui la https://www.facebook.com/reel/962548801724362

PROGRESSION TYPE

Niveau 1

  • flexions d’encolure à l’arrêt
  • transferts de poids
  • travail vestibulaire

Niveau 2

  • zigzags au pas ligne droite

Niveau 3

  • zigzags au trot en ligne droite

Niveau 4

  • zigzags au trot sur grand cercle

Niveau 5

  • serpentines, trèfles, huit de chiffre

Niveau 100

Passer d’un équilibre à l’autre avec :

  • même rythme
  • même décontraction
  • même trajectoire
  • même qualité de locomotion

sans utiliser :

  • la tête comme contrepoids
  • les épaules comme béquilles
  • l’accélération comme stratégie de compensation

Point clé

Le défaut de rythme, placé à la base de l’échelle de progression du dressage, est l’expression d’un déséquilibre latéral.

Un membre porte davantage de charge que les autres.

Cette différence peut :

  • s’entendre au bruit des sabots sur sol dur
  • se mesurer en vidéo
  • se ressentir dans l’assiette du cavalier, dans le contact inegal entre rene gauche et droite
  • se voir a la hauteur de la tete qui n’est pas identique entre foulée droite et gauche
  • s’observer dans la locomotion

Le rythme n’est donc pas seulement une question d’allure.

Il est souvent le reflet de la qualité de l’équilibre latéral du cheval.

Un petit moyen de comprendre la manière de savoir si on progresse est de
1. Comprendre quel est le problème, comment savoir qu’on a ce problème?
2. Quoi faire, comment procéder?
3. Contrôler qu’il y a progression, car créer de l’équilibre prend du temps, c’est comme ecrire de la main gauche alors qu’on est droitier, soyez patient, prenez le temps qu’il faut, cela prend moins de temps au final.
4. Savoir comment reagir quand il se passe une résistance du cheval
5.!!!!!!!!!!!ESSENTIEL : plus vous comprenez, plus vous faites, plus vous voyez, plus vous savez quoi faire. C’est l’experience, la confiance en soi, en le cheval qui grandit!