Je commence par une petite question :
Saurez-vous repérer les différences entre ces deux façons de fonctionner du cavalier face aux forces importantes générées par le mouvement du cheval, expliquées ici : https://www.equimetric.ch/bouger-cest-negocier-avec-la-gravite/ ?
Il est essentiel de comprendre qu’il s’agit en grande partie de réponses réflexes et automatiques. On les améliore très difficilement juste par la simple volonté.
Leur évolution passe surtout par trois étapes :
- les visualiser
- les ressentir en selle
- les entraîner progressivement par répétition adaptée
Comme tout réflexe moteur, l’assiette ne se décrète pas : elle se construit.
D’abord à l’arrêt, puis au pas, en apprenant à ressentir la coordination du mouvement du cheval puis notre manière de le suivre, avant de la renforcer par une pratique régulière. Avec l’attention et la répétition, ce qui demandait un effort conscient devient peu à peu automatique.
C’est là que naît la vraie assiette : l’un des moyens de communication les plus fins avec le cheval.
Elle permet de percevoir immédiatement une irrégularité de locomotion, une fatigue naissante ou une difficulté passagère, afin d’adapter ses demandes avec justesse. (rappel : un cheval a qui on demande plus qu’il ne peut va tomber dans la suradaptation, qui peut mener a une blessure autant physique que psychologique)
Grace a ce niveau de clarté et de précision, le graal sera de communiquer avec son cheval quasi sans mains ni jambes visibles, simplement par l’équilibre, le timing et le mouvement de l’assiette.


En vidéo, ces détails seront peut être mieux visibles?
PHASE 1 LA PRISE DE CONSCIENCE
La première phase de cet apprentissage, est de prendre conscience de nos points d’appui sur la selle, chose que je fais régulièrement avec la tapis a capteur de pression sur un cheval de bois.
Rien n’est juste ou faux, il s’agit juste de prendre conscience de nos appuis, simplement.
Mon but n’est pas de vous faire faire des mesures, mais de prendre conscience qu’on a des capteurs de pression sur tout notre corps et qu’on peut les developper dans le but d’en faire un moyen de communication avec notre cheval. Ce que le tapis mesure, ce sont des pressions et votre corps les ressent tout pareil. On en parle juste peu, on en prend pas forcement conscience alors que c’est une aide essentielle.

Est-ce que votre corps repose principalement sur vos ischions sur la selle et vous avez très peu de contact sous les cuisses?

Ou est ce que votre corps repose plus sur un ischion d’un coté et plus sur une cuisse de l’autre?

Ou est ce que votre corps repose principalement sous vos cuisses et très peu sous vos ischions, ressentez vous la difference de pression entre le coté gauche et droite?

Ou est ce votre corps repose quasi que sous vos cuisses et pas du tout sous vos ischions?
Ce sont quelques exemples parmi les miliers de cavaliers que j’ai mesuré.
Physiquement, plus un corps est tendu au moment d’un impact, plus il restitue l’énergie reçue… et plus il risque de rebondir.
En selle, un cavalier crispé au moment de l’appui va donc se transformer, malgré lui, en balle de ping-pong élégante.
Cette étude comparant cavaliers novices et cavaliers expérimentés montrent que les élites anticipent ces forces : ils s’amortissent juste avant l’impact, puis laissent ensuite leurs articulations et leurs tissus devenir souples pour absorber le mouvement. Le lien de l’étude :https://www.mdpi.com/1022172
Autrement dit, ils ne luttent pas contre la foulée : ils surfent dessus.
Le principe physique s’appelle le canon de Galilée : (En vidéo ici https://www.youtube.com/shorts/gg5_n1Tq_TM?feature=share )
Lors d’un choc :
- Plus un système est rigide, plus l’énergie est renvoyée brutalement.
- Plus il est souple et coordonné, plus l’énergie est absorbée et redistribuée.
Une bonne assiette ne cherche pas à gagner le combat contre la gravité. Elle apprend à danser avec elle <3
Le deuxième grand défi de l’assiette : plus on va vite, plus il y a de forces a gerer par notre propre corps
Comme pour la locomotion et un besoin accru en force de nos muscles, même si le cavalier amortit au mieux chaque impact, il subit malgré tout les accélérations produites par le mouvement du cheval à chaque foulée.
Son poids statique n’est donc plus la seule donnée en jeu : en mouvement, les forces exercées augmentent avec l’accélération.
C’est pourquoi, au trot et au galop, les charges ressenties vont atteindre plusieurs fois le poids selon la phase de la foulée, la coordination et la qualité de l’amortissement.
D’où l’importance d’apprendre à absorber ces forces avec timing, afin de limiter notre impact qui se transmet au dos du cheval et pour votre propre santé.
Le troisieme defi