POURQUOI CE TRAVAIL EST ESSENTIEL?

Lorsqu’on monte un jeune cheval, le poids du cavalier va entrainer l’ effet suivant:

Descente de la cage thoracique entre les épaules:

Un cheval n’a pas de clavicule, il porte l’avant de sa cage thoracique entre ses épaules uniquement grâce a des muscles: la ceinture thoracique. A l’arrière, les postérieurs supportent le tronc via le bassin et le sacrum.

Des qu’un cavalier s’assied sur le dos du cheval, sans travail de musculature spécifique, la cage thoracique du cheval va descendre entre ses épaules. Cela va amplifier le déséquilibre longitudinal (sur les épaules) du cheval et amplifier sa dissymétrie car ces sangles ont une grande importance aussi sur la stabilisation latérale de la cage thoracique.


LA CEINTURE THORACIQUE ET SON EFFET SUR L’ELEVATION DE LA CAGE THORACIQUE ENTRE LES EPAULES

Lorsque les muscles de la ceinture scapulaire sont toniques, la cage thoracique monte entre les épaules.


Le cheval étant un herbivore, il peut manger a différentes hauteurs, ainsi, le cheval a une ceinture musculaire qui permet a la cage thoracique de monter et descendre entre les épaules.

Ces muscles sont principalement au nombre de 3 :
– le dentelé ventral qui est attaché derrière l’épaule et qui a des fasceaux de muscles qui se rattachent a chaque vertèbre cervicale depuis C3 et sur les cotes jusqu’à la 8 eme sur sa partie thoracique. C’est une sorte de hamac qui supporte toute la cage thoracique entre les épaules
– le subclavier
– le pectoral ascendant

Une fois contractés, tous ces muscles peuvent faire monter la cage thoracique entre les épaules.

Quand le cheval contracte ses muscles de sa ceinture thoracique, la cage thoracique monte entre les épaules.
Le cheval grandit de plusieurs centimètres au niveau du garrot.

COMMENT MUSCLER LA CEINTURE THORACIQUE

ATTENTION CHANGEMENT DE PARADIGME!!!!!!

Au lieu de chercher ”a tout prix” a chercher a fixer la hauteur de la tête et de l’encolure du cheval, on va l’envisager comme étant
l’ INDICATEUR DE L’EQUILIBRE LONGITUDINAL du cheval, notre rôle étant de régler uniquement sa vitesse.

– > Si le naseau est en dessus de la pointe de son épaule (rond jaune), il va trop vite, il faut le ralentir (imaginer un avion qui décolle, on ne veut pas que notre cheval s’envole, il faut donc le ralentir)
– > Si le naseau est en dessous de la pointe de son épaule, il va trop lentement, il faut l’accélérer. (imaginer un avion qui pique du nez, on ne veut pas que notre cheval s’écrase, on doit donc remettre des gaz)

Des essais fait sur divers chevaux, il en ressort un autre bénéfice, le cheval est beaucoup plus calme, en équilibre et a son vrai rythme, il va pouvoir travailler sa musculature de la ceinture thoracique de manière efficiente.
En cadeau : ces muscles sont aussi stabilisateurs de la cage thoracique en rotation, donc ce simple exercice est efficace pour améliorer l’équilibre longitudinal ET l’équilibre latéral!


Quand il est a la bonne vitesse, le naseau est +/- a la hauteur de l’épaule (traitillé vert). Le dentelé ventral, ce muscle ”hamac” de la cage thoracique entre les épaules est le principal a travailler dans cette position de l’encolure. La cage thoracique remonte, le dos est donc bien plus droit, la ceinture thoracique se muscle harmonieusement,
Ses observables extérieurs:
– Les arches du dessus et du dessous de l’encolure sont orientes vers le haut (trait bleus).
– Les faisceaux du dentelé ventral (jaune) sont visibles en contraction décontraction a chaque foulée
– Les sabots des diagonaux se posent et se lèvent de manière synchronisée. Les demis foulées ont la même longueur.
Il est absolument NORMAL que le cheval fasse des petites foulées au début, on recherche un véritable effort musculaire pour qu’il relève sa cage thoracique. Il ne peut pas fuir dans la vitesse pour échapper a cet effort.

EDUQUONS NOTRE OEIL:

– La longueur des demi foulées qui devrait être assez similaires (jaune=bleu)
– Le lever des sabots qui devrait être synchronisé (ok a gauche en vert, le postérieur est déjà bien en l’air alors que l’anterieur quitte le sol a droite en rouge)
– La pente du dos qui est a plat a gauche (orange) alors qu’elle est orientée vers l’avant a droite

A noter :
Au tout début, ce travail est terrrrrriblement déstabilisant, certains chevaux sont très difficiles a ralentir, on leur a demandé sans arrêt d’avancer, mais ralentir est un nouvel ordre a apprendre. Commencer au pas, voire en main est une excellente piste pour commencer.

Ce travail lent, qui va donc se reposer entièrement sur les muscles peut être très déstabilisant au vu de l’effet de la laxité de certains chevaux. Ce travail n’en sera que plus bénéfique pour eux.

Rechercher le poser du postérieur dans la trace de l’anterieur est une erreur à ne pas faire pour ce travail spécifique de la ceinture thoracique. Il sera peut être le but, mais en tout cas pas le chemin. C’est trop difficile musculairement au début!

Le travail sur les barres au sol, pareil, c’est un tel effort musculaire que le demander trop tot risque de faire l’effet inverse.

Ce travail spécifique se fait 2 a 3 x par semaines sur 10 minutes au trot chez le jeune cheval pour tonifier ces muscles. Le surentrainement est peu connu des cavaliers, mais le développement optimal des muscles se fait a petites doses régulières.


Le développement musculaire physiologique devrait être le suivant:
1. Développement des muscles de la ceinture thoracique. Ce qui va permettre a la cage thoracique de remonter entre les épaules et de s’équilibrer longitudinalement avec un cavalier sur le dos. Puis les muscles qui la stabilisent latéralement deviendront aussi de fait, plus efficients (important pour lutter contre l’asymétrie et l’hyperlaxité)
2. De l’élévation et de la stabilisation de la cage thoracique entre les épaules, les abdos vont devenir a leur tour plus efficients pour retenir les viscères et le dos, donc moins de ”creusement” du dos (important pour prévenir les kissing spine)
3. Puis l’abaissement des hanches s’en trouvera facilité donc l’engagement des postérieurs se fera naturellement plus aisément.

En cas de ceinture thoracique faible:

Le cheval renverse l’encolure, la cage thoracique descend entre les épaules, le dos se creuse, les postérieurs n’engagent plus.


LE PROBLEME AVEC LES SELLES ET SUR LES CAVALIERS

Lors d’un trot en équilibre, le dos devrait monter et descendre de la même hauteur devant et derrière.
Le dos reste plat, le trot est agréable pour le cavalier.
Lorsque la ceinture thoracique n’ est pas suffisamment tonique, la cage thoracique ”tombe” entre les épaules, la croupe monte plus haut que le garrot et le dos est en pente lors de la phase en suspension.
Voila comment cela se présente sur un cheval en dynamique.
Cette différence de pente affecte bien sur l’équilibre de la selle, mais surtout l’équilibre et la stabilité du cavalier.

LA SUITE?

Issu de Karen Rohlf dressage naturally

Ce travail a pied, va petit a petit construire une posture que le cheval va commencer a utiliser tout le temps.
A cheval, on peut continuer ce ”travail” en maintenant juste le contact nécessaire pour gérer la vitesse et non autre chose. On commence a relâcher doucement la tension sur les rênes jusqu’à ce que le cheval puisse franchement ouvrir la tête en avant, tout en gardant cette belle orientation de l’arche de l’encolure et notre action se limite a juste gérer la vitesse exactement comme le travail a pied.
Cette posture permet une locomotion du cheval beaucoup plus en équilibre, qui va moins ”secouer” le cavalier. Tout bénéfice pour tout le monde